Mais qu'est ce qui se cache derrière cet oeil vert ?

 

L'oeil magique est un élément qui contribue beaucoup au charme de nos vieilles radios, sa lueur changeante a quelque chose de fascinant qui lui fait mériter son nom mais savez vous comment il fonctionne ? Découvrons le ensemble.

      Ce petit schéma nous montre l'anatomie d' un oeil magique : il est constitué d'une triode classique dont la grille reçoit la tension (négative) de CAG. Il y a au sommet du tube une anode conique couverte d' une couche luminescente qui s'illumine quand elle reçoit les electrons émis par la cathode. Une electrode de déviation reliée à la plaque et donc portée à une tension positive inférieure à celle de la cible produit une ombre sur la cible d'autant plus étroite que cette tension positive est élevée, donc quand la tension de grille devient plus négative. ouf !

      Le récepteur est alors correctement accordé quand l'ombre est au minimum mais si le signal reçu à l' antenne est assez fort il arrive que l'ombre disparaisse complètement et le réglage n'est plus possible. Les constructeurs ont trouvé la solution avec le tube à double sensibilité. En ajoutant une deuxième plaque et une autre electrode de déviation de caractéristiques différentes on obtient deux zones d'ombre opposées, ces éléments sont calculés pour que la deuxième zone commence à se rétrécir quand la première est sur le point de disparaitre.

      En modifiant les formes de la cible et la disposition des electrodes de déviation on obtient des tubes adaptés à des utilisations diverses, voici quelques exemples

 

Aspect

Exemple

Utilisation
EM 4
EM 34
Le trèfle cathodique
C'est un des modèles les plus utilisés, aussi bien pour  les récepteurs grand public que pour des appareils de mesures professionnels. Ses deux ombres permettent la réalisation de tubes à double sensibilité.

EM 80
EM 81
Les tubes à secteurs
Ils présentent un ou deux secteurs d' ombre suivant le type et sont utilisés principalement pour l'accord des récepteurs.
EM 84
EM 85
EM 87
Le Ruban magique
Les deux rubans lumineux encadrant la zone sombre s'allongent quand le signal augmente et peuvent même se chevaucher donnant une zone centrale plus lumineuse. Utilisés pour l'accord des récepteurs et surtout pour le réglage du niveau d'enregistrement des magnétophones, les surmodulations étant particulièrement visibles.
6 AL 7 La balance magique
Etudié pour les récepteurs FM car l'accord exact ne correspond au niveau maximum que si les réglages FI sont parfaits. quand l'accord est correct les deux rubans ont la même hauteur (qui dépend du niveau). Merci à Joachim Gittel qui m'a envoyé plusieurs images de 6 AL 7

DH 3-91 C'est rond et vert mais ce n'est pas un oeil magique
Il s' agit en fait d' un tube cathodique miniature (3cm de diamètre) avec ses plaques de déviations horizontales et  verticales, utilisé dans certains appareils de mesures. Celui-ci est monté sur un distorsiomètre. Je le montre ici en tant que curiosité.